Selon les informations disponibles le 19 juillet 2026, le président Donald Trump s'est personnellement invité dans les négociations autour du CLARITY Act, en recevant à la Maison Blanche quatre sénateurs républicains. Ce geste intervient quelques jours seulement après l'audition tenue à Wall Street le 17 juillet, et coïncide avec une nette amélioration des probabilités d'un vote au Sénat avant la pause estivale.
CLARITY Act : Trump s'invite à la Maison Blanche, les chances d'un vote au Sénat grimpent à 79%
Que s'est-il passé à la Maison Blanche ?
Le président a reçu, jeudi après-midi, les sénateurs Bernie Moreno (R-Ohio), Cynthia Lummis (R-Wyoming), Thom Tillis (R-Caroline du Nord) et Bill Hagerty (R-Tennessee), afin de tenter de débloquer personnellement le dernier obstacle majeur retardant un vote en séance plénière : la disposition d'éthique qui interdirait aux hauts responsables gouvernementaux de conserver des intérêts commerciaux personnels dans la crypto pendant l'exercice de leurs fonctions. La sénatrice Lummis a par la suite annoncé qu'une version révisée du texte serait présentée dans les jours suivants, avec un vote en séance espéré dès la semaine prochaine.
Quelles sont les nouvelles probabilités d'un vote ?
Sur le marché de prédiction Kalshi, la probabilité d'un vote au Sénat avant la pause d'août était évaluée à 73 % le 16 juillet. Depuis, elle aurait grimpé à 79 %, contre 68,8 % la veille, un bond qui traduit l'optimisme suscité par l'implication directe du président. Le leader de la majorité au Sénat, John Thune, s'est quant à lui engagé à organiser un vote en séance avant que le Congrès ne parte en pause autour du 7 août. Le Sénat, revenu de sa pause du 4 juillet le 13 juillet, ne dispose que d'environ trois semaines de calendrier utile pour y parvenir.
Un des trois obstacles identifiés le 17 juillet vient-il de tomber ?
Notre analyse du 17 juillet identifiait trois différends bloquant le texte : l'impasse éthique, l'article 604 sur la protection des développeurs DeFi, et le traitement du rendement des stablecoins. Sur ce deuxième point, une avancée notable est intervenue : la Major County Sheriffs of America (MCSA), qui représente les forces de l'ordre de nombreux comtés américains, a officiellement abandonné son opposition à l'article 604, également appelé Blockchain Regulatory Certainty Act. Cette disposition protège les développeurs de logiciels et les fournisseurs d'infrastructure d'une responsabilité légale pour les délits commis par des utilisateurs de plateformes décentralisées, à condition qu'ils ne contrôlent pas les fonds de leurs clients. Le MCSA explique ce changement de position par des discussions supplémentaires avec l'administration, qui auraient apporté des clarifications sur l'interprétation et la mise en œuvre concrète de la disposition. Le groupe n'apporte pas pour autant un soutien inconditionnel : il continue de demander des amendements donnant aux forces de l'ordre locales et étatiques un rôle formel au sein des études et organes consultatifs du Trésor.
Pourquoi ce retrait des shérifs compte-t-il autant ?
Ce changement de position n'est pas anodin sur le plan politique. Plusieurs sénateurs démocrates, dont Mark Warner et Catherine Cortez Masto, avaient explicitement conditionné leur soutien au texte à l'aval des forces de l'ordre sur l'article 604. En retirant une source de résistance identifiée comme un obstacle à la progression du texte, le MCSA facilite potentiellement le ralliement de voix démocrates supplémentaires, alors que sept à neuf d'entre elles restent nécessaires pour atteindre le seuil des 60 voix requis afin de surmonter l'obstruction parlementaire.
L'obstacle éthique reste-t-il le principal point dur ?
Oui, et de loin. C'est précisément ce sujet que Trump a cherché à débloquer lors de sa rencontre avec les quatre sénateurs républicains. La disposition en question reste sensible dans un contexte où la déclaration financière du président, publiée début juillet, faisait état d'environ 1,4 milliard de dollars de revenus liés à la crypto perçus en 2025. La Maison Blanche continue de s'opposer à toute disposition qui viserait spécifiquement les avoirs personnels du président, tandis que des sénateurs démocrates comme Kirsten Gillibrand conditionnent leur soutien à un langage contraignant sur ce point précis.
Un vote au Sénat garantit-il l'adoption du texte en 2026 ?
Pas nécessairement, et c'est une nuance importante à garder à l'esprit. Si les probabilités d'un simple vote en séance ont nettement progressé, Kalshi n'accorderait encore qu'environ 36 % de chances à une adoption définitive du texte en tant que loi d'ici la fin de l'année 2026. Un vote au Sénat ne représente donc qu'une étape, potentiellement suivie de nouvelles négociations, d'une navette avec la Chambre des représentants, ou d'un rejet pur et simple si la clause d'éthique ne trouve pas de formulation consensuelle d'ici là.
Quel calendrier reste-t-il d'ici la pause estivale ?
Le Sénat dispose d'une fenêtre resserrée : environ trois semaines de calendrier utile avant la pause d'août, période après laquelle l'attention des élus se déplacera vers les campagnes des élections de mi-mandat, fermant de fait la fenêtre législative pour le reste de l'année. La publication annoncée d'une version révisée du texte, avec un vote en séance espéré dès la semaine prochaine, constituera donc le prochain jalon décisif à surveiller pour l'avenir du CLARITY Act.
Points clés à retenir
- Trump a reçu quatre sénateurs républicains à la Maison Blanche pour tenter de débloquer la clause d'éthique du CLARITY Act.
- Les probabilités d'un vote au Sénat avant la pause d'août sont passées de 68,8 % à 79 % selon le marché de prédiction Kalshi.
- La Major County Sheriffs of America a abandonné son opposition à l'article 604 sur la protection des développeurs DeFi, un obstacle en moins.
- L'impasse éthique, liée aux 1,4 Md$ de revenus crypto de Trump en 2025, reste le principal point de blocage.
- Un vote au Sénat ne garantit pas l'adoption définitive : Kalshi n'évalue qu'à 36 % les chances que le texte devienne loi en 2026.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.